République Tchèque

 

 

 

 

 

 

 

  • Capitale : Prague
  • Population : 10 272 179 hab (est. 2000)
  • Densité : 130.29 hab./km2
  • Superficie : 78 838 km2
  • Principales villes : Brno, Ostrava, Plzen, Olomouc, Usti Nad Labem, Liberec, Hradec Krâlové, Pardubice, Ceské Budejovice
  • Pays voisins : Allemagne, Pologne, Slovaquie, Autriche
  • Point culminant : Snezka 1 602 m. Monnaie : Couronne
  • Langues parlées : Tchèque, Slovaque, Hongrois
  • Langues officielles : Tchèque
  • Statut : Démocratie parlementaire

 

 

 

 

 
Monique BELTRAME , présidente du CEM et le Professeur Ferdinand KINSKY

 

Unification d’un continent

LA TCHEQUIE ET L’EUROPE

9 octobre 2002

 

C’est dans le cadre de l’information sur l’élargissement de l’Union aux pays d’Europe centrale et orientale, que le Comité Européen Marseille a invité, le 9 octobre 2002, Monsieur Kinsky à nous faire découvrir ce pays qui envisage de sceller son destin au nôtre.

L’orateur, une personnalité européenne

Madame Monique Beltrame avait invité Monsieur Ferdinand Kinsky d’une part pour sa compétence en sa qualité de vice-Président du Centre International de Formation Européenne, Président et Professeur du Conseil Scientifique de l’Institut Européen des Hautes Etudes Internationales de Nice et Professeur à l’Université de l’Europe du Sud de Monaco, d’autre part pour sa connaissance intime de la Tchéquie dont il parla avec émotion. D’origine tchèque, né d’une ancienne famille d’aristocrates à l’époque de l’empire des Habsbourg, Monsieur Kinsky, personnalité européenne à la double nationalité allemande et tchèque, a une connaissance intime des bouleversements du XX° siècle en Europe centrale.

" Nous voulons rentrer en Europe " (Vaclav Havel 1990)

La Communauté Européenne, cette entité " sui generi " si particulière, fondée pour une œuvre de paix en Europe, a été pendant les années de dictature comme une lumière au bout du tunnel. Une fois la liberté reconquise, le souhait de construire un avenir européen était d’autant plus impérieux que la peur de la Russie était encore présente. Puis, les attentes sont devenues plus matérielles. " Une fois admis dans l’Union, on deviendra riche. " tel est le secret espoir de l’homme de la rue. Aussi la nécessité des efforts quotidiens réclamés aux citoyens de l’Est en vue de l’adhésion entraînent un certain désenchantement

Les critères d’admission

Définis par le Conseil Européen de Copenhague les critères ont réclamé beaucoup d’efforts et de sacrifices à ces ex satellites soviétiques.

Devenir une démocratie pluraliste, respectueuse des droits de l’homme, respectant les minorités est le fondement de cette transformation.

L’économie de marché capable d’affronter la concurrence a dû se substituer au régime étatique bouleversant le monde du travail avec ses conséquences sociales.

L’acquis communautaire acceptant le degré d’intégration de l’Union Européenne réclame une transformation prodigieuse des structures administratives .

La perception historique.

Une transformation aussi rapide ne se fait pas sans secousses. Devant les difficultés qu’elle engendre les nationalismes ressurgissent. En effet, chaque pays européen contient un condensé de l’histoire de l’Europe. Les problèmes inhérents à la République tchèque sont le fruit de son histoire au sein de l’empire des Habsbourg et des tragédies du XX° siècle. Son vécu historique s’oppose à la perception de ses voisins.

1918, c’est la victoire, celle sur l’empire millénaire danubien, celui-là même qui brilla de tous ces feux au XIX° siècle avec le couple impérial qui, sous la magie des valses de Vienne, faisait rêver les nostalgiques des splendeurs monarchiques.

En effet, 1867 qui donna naissance à la double monarchie austro-hongroise, c’est-à-dire l’octroi à Budapest d’un certain partage du pouvoir, marque, en fait, à la fois l’apothéose et la fin de l’empire. L’empereur François—Joseph, effrayé par la démocratisation, ne franchit jamais le pas vers une forme de fédéralisme. Les autres minorités et en particulier le royaume de Bohême eurent à en souffrir et conçurent un tel ressentiment que la fin de la Mittel Europa leur parut comme la réalisation de leur légitime aspiration à l’indépendance.

Seulement, la République tchèque naissante fit peser à son tour sur la minorité allemande qui représentait 25°/° de la population, tout le poids d’une politique discriminatoire. Ce fut le prétexte qu’exploita Hitler, pour faire main basse sur la Tchécoslovaquie. On connaît la suite.

Les accords de Munich permirent à Hitler d’arracher à Daladier et à Chamberlain la possibilité d’annexer, en échange d’une promesse fallacieuse de paix, la province tchèque dite des sudètes pour sa population à majorité d’origine allemande. Les exactions nazies à l’encontre du peuple tchèque ne firent qu’envenimer le désir de vengeance des tchèques. Dès la fin de la guerre Edvard Benes, chef du gouvernement, fit adopter des mesures d’expulsion, de confiscation des biens et d’annulation des droits civiques à l’encontre des allemands des Sudètes et des minorités issus de l’ancien empire, en fait, installés dans le royaume de Bohème depuis des siècles. Aujourd’hui encore le parlement tchèque, malgré la pression européenne, a refusé d’annuler les décrets Benes et de considérer ces mesures de rétorsion prises au lendemain de la deuxième guerre mondiale comme contraires aux droits de l’homme. Cette situation explique les réticences de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Hongrie face à l’adhésion de la Tchéquie.

Nombreux sont les exemples des minorités sur le vieux continent qui, au souvenir des haines de l’histoire provoqueraient encore des conflits aux conséquences hasardeuses. Mais l’Union Européenne plus solide qu’il ne paraît, tisse inlassablement un réseau de solidarité entre des peuples qui jadis s’entredéchiraient. Espérons que le Président Vaclav Havel, cet homme de courage, communiquera à son peuple sa vision de l’Europe et fera de sa conviction la profession de foi de tous les Européens

 

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