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Monique
BELTRAME , présidente du CEM et le Professeur Ferdinand
KINSKY
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Unification
dun continent
LA
TCHEQUIE ET LEUROPE
9
octobre 2002
Cest
dans le cadre de linformation sur lélargissement
de lUnion aux pays dEurope centrale et orientale,
que le Comité Européen Marseille a invité,
le 9 octobre 2002, Monsieur Kinsky à nous faire découvrir
ce pays qui envisage de sceller son destin au nôtre.
Lorateur,
une personnalité européenne
Madame
Monique Beltrame avait invité Monsieur Ferdinand Kinsky
dune part pour sa compétence en sa qualité
de vice-Président du Centre International de Formation
Européenne, Président et Professeur du Conseil
Scientifique de lInstitut Européen des Hautes Etudes
Internationales de Nice et Professeur à lUniversité
de lEurope du Sud de Monaco, dautre part pour sa
connaissance intime de la Tchéquie dont il parla avec
émotion. Dorigine tchèque, né dune
ancienne famille daristocrates à lépoque
de lempire des Habsbourg, Monsieur Kinsky, personnalité
européenne à la double nationalité allemande
et tchèque, a une connaissance intime des bouleversements
du XX° siècle en Europe centrale.
" Nous
voulons rentrer en Europe " (Vaclav Havel 1990)
La
Communauté Européenne, cette entité " sui
generi " si particulière, fondée pour
une uvre de paix en Europe, a été pendant
les années de dictature comme une lumière au bout
du tunnel. Une fois la liberté reconquise, le souhait
de construire un avenir européen était dautant
plus impérieux que la peur de la Russie était
encore présente. Puis, les attentes sont devenues plus
matérielles. " Une fois admis dans lUnion,
on deviendra riche. " tel est le secret espoir de
lhomme de la rue. Aussi la nécessité des
efforts quotidiens réclamés aux citoyens de lEst
en vue de ladhésion entraînent un certain
désenchantement
Les
critères dadmission
Définis
par le Conseil Européen de Copenhague les critères
ont réclamé beaucoup defforts et de sacrifices
à ces ex satellites soviétiques.
Devenir une démocratie pluraliste, respectueuse des droits
de lhomme, respectant les minorités est le fondement
de cette transformation.
Léconomie de marché capable daffronter
la concurrence a dû se substituer au régime étatique
bouleversant le monde du travail avec ses conséquences
sociales.
Lacquis
communautaire acceptant le degré dintégration
de lUnion Européenne réclame une transformation
prodigieuse des structures administratives .
La
perception historique.
Une
transformation aussi rapide ne se fait pas sans secousses. Devant
les difficultés quelle engendre les nationalismes
ressurgissent. En effet, chaque pays européen contient
un condensé de lhistoire de lEurope. Les
problèmes inhérents à la République
tchèque sont le fruit de son histoire au sein de lempire
des Habsbourg et des tragédies du XX° siècle.
Son vécu historique soppose à la perception
de ses voisins.
1918, cest la victoire, celle sur lempire millénaire
danubien, celui-là même qui brilla de tous ces
feux au XIX° siècle avec le couple impérial
qui, sous la magie des valses de Vienne, faisait rêver
les nostalgiques des splendeurs monarchiques.
En
effet, 1867 qui donna naissance à la double monarchie
austro-hongroise, cest-à-dire loctroi à
Budapest dun certain partage du pouvoir, marque, en fait,
à la fois lapothéose et la fin de lempire.
Lempereur FrançoisJoseph, effrayé
par la démocratisation, ne franchit jamais le pas vers
une forme de fédéralisme. Les autres minorités
et en particulier le royaume de Bohême eurent à
en souffrir et conçurent un tel ressentiment que la fin
de la Mittel Europa leur parut comme la réalisation de
leur légitime aspiration à lindépendance.
Seulement,
la République tchèque naissante fit peser à
son tour sur la minorité allemande qui représentait
25°/° de la population, tout le poids dune politique
discriminatoire. Ce fut le prétexte quexploita
Hitler, pour faire main basse sur la Tchécoslovaquie.
On connaît la suite.
Les accords de Munich permirent à Hitler darracher
à Daladier et à Chamberlain la possibilité
dannexer, en échange dune promesse fallacieuse
de paix, la province tchèque dite des sudètes
pour sa population à majorité dorigine allemande.
Les exactions nazies à lencontre du peuple tchèque
ne firent quenvenimer le désir de vengeance des
tchèques. Dès la fin de la guerre Edvard Benes,
chef du gouvernement, fit adopter des mesures dexpulsion,
de confiscation des biens et dannulation des droits civiques
à lencontre des allemands des Sudètes et
des minorités issus de lancien empire, en fait,
installés dans le royaume de Bohème depuis des
siècles. Aujourdhui encore le parlement tchèque,
malgré la pression européenne, a refusé
dannuler les décrets Benes et de considérer
ces mesures de rétorsion prises au lendemain de la deuxième
guerre mondiale comme contraires aux droits de lhomme.
Cette situation explique les réticences de lAllemagne,
de lAutriche et de la Hongrie face à ladhésion
de la Tchéquie.
Nombreux sont les exemples des minorités sur le vieux
continent qui, au souvenir des haines de lhistoire provoqueraient
encore des conflits aux conséquences hasardeuses. Mais
lUnion Européenne plus solide quil ne paraît,
tisse inlassablement un réseau de solidarité entre
des peuples qui jadis sentredéchiraient. Espérons
que le Président Vaclav Havel, cet homme de courage,
communiquera à son peuple sa vision de lEurope
et fera de sa conviction la profession de foi de tous les Européens
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